La crise du covid 19 relance l’intérêt pour le viager

Des familles, inquiètes de la situation des Ehpad depuis de le début de la pandémie, s’intéressent de plus en plus au viager comme alternative à la maison de retraite, indique un spécialiste du secteur.

Parfois mal vu par les acheteurs, le viager pourrait faire son grand retour alors que les Ehpad ont été particulièrement impactés par la pandémie du covid 19 ces derniers mois. “Depuis la fin du confinement, il y a eu très clairement un fort intérêt” témoigne une agence spécialisée.

En fait, il y avait déjà un engouement depuis un an et demi sur le viager mais la nouveauté, c’est que ce sont les familles des parents qui s’y intéressent” poursuit-elle. En France, les notaires enregistrent 5000 à 6000 ventes en viager par an, mais le chiffre pourrait bien grossir dans les mois à venir. Une agence spécialisée ouverte à Montélimar il y a un mois a déjà effectué trois ventes quand la moyenne classique tourne autour d’une à deux ventes par mois.

Abandonner l’héritage

Le viager permet aux seniors de rester chez eux, quitte à utiliser leur rente viagère pour faire appel à une aide à domicile. Cela implique, évidemment, pour les enfants, de tirer un trait sur leur héritage, du moins sa part immobilière. Mais, en réalité, les enfants sont bien souvent obligés de vendre la maison familiale pour financer le séjour en Ephad de leurs parents. “La facture oscille entre 2500 et 3000 euros par personne et par mois”. “Est-ce qu’il ne vaut mieux pas avoir une assurance à vie ?”. Pour les investisseurs, c’est aussi une manière de diversifier leurs placements ou d’utiliser une épargne importante qui ne rapporte plus grand chose sur l’assurance-vie.

A noter qu’il existe aussi une forme de viager sans rente et donc sans risque sur le montant global de la transaction. Il faut pour cela acheter la nue-propriété d’un logement et en laisser l’usage (l’usufruit) à celui qui l’occupe. L’investissement initial est plus important puisqu’il n’y a pas de rente à payer mais le risque, pour l’acquéreur, de surpayer à terme, n’existe pas puisque la somme est fixée à l’avance. Le seul risque est de récupérer le bien plus tard qu’on ne l’avait prévu au moment de l’achat.